Erreur de Statistiques Canada et l’assurance-emploi : conséquences importantes… sinon incertitudes pour plusieurs

Actualités politiques

8 septembre 2014

D’entrée de jeu, rappelons quelques faits : Le Canada est le seul pays de l’OCDE qui fixe non seulement les critères d’admissibilité au régime d’assurance-emploi à partir du taux de chômage régional (variable à chaque mois), mais aussi la période de prestations accordée et le calcul du taux. Tout cela, l’arbitraire et les complexités engendrés, a été unanimement dénoncé.

À quand une réforme véritable qui rende justice aux travailleurs et aux travailleuses ?

Nous méritons mieux!

*

Dans La Presse ce matin, sous la plume de Francis Vailles, nous pouvons lire cet article : «Quand une petite erreur confond les chômeurs». Voici quelques extraits qui expliquent la complexité de ce régime.

«Vendredi, de nombreux chômeurs ont probablement été déçus d’apprendre que le chômage avait baissé dans leur région. Ils ont probablement été déçus de constater que Statistique Canada avait corrigé son erreur par une création d’emplois beaucoup plus forte que prévu.

Pardon? Eh bien oui, ainsi fonctionne le mécanisme de l’assurance-emploi. Pour certains chômeurs, un taux de chômage régional plus faible signifie paradoxalement la perte de plusieurs centaines de dollars de prestations. Il est même possible que la durée de leurs versements hebdomadaires diminue avec la baisse du chômage. […]»

Pour commencer, il faut savoir que les chômeurs ne sont pas tous uniformément admissibles à l’assurance-emploi. Pour tenir compte des disparités régionales sur le marché de l’emploi, le programme accorde des prestations différentes aux chômeurs selon les régions. […]»

Le taux de chômage régional influe aussi sur le montant des prestations. […] »

La mécanique est complexe, c’est clair. […]»

Précisons qu’au fil des réformes, de moins en moins de chômeurs sont admissibles aux prestations. Aux dernières nouvelles, à peine 40% des chômeurs y avaient droit, contre environ 85% il y a 25 ans. Les travailleurs à temps partiel, comme les mères de famille, entre autres, ne sont pas protégés par le programme, ne pouvant accumuler suffisamment d’heures.

Bref, en corrigeant vendredi la création d’emplois du mois de juillet à la hausse – de 200 à 41 500 au Canada -, Statistique Canada a probablement privé certains chômeurs de revenus non négligeables, en quelque sorte. Pour l’instant, il n’est pas possible de chiffrer cet impact, mais l’erreur permet de mettre en lumière la complexité du système.»

 

Source :

«Quand une petite erreur confond les chômeurs», La Presse, Francis Vailles, 18 août 2014

Le Conseil national des chômeurs et chômeuses dénonce la suspension des demandes d’assurance-emploi

Actualités politiques

8 septembre 2014

Le Ministère fédéral de l’Emploi annonçait hier qu’une erreur de Statistique Canada entraînait le gel des nouvelles demandes d’assurance-emploi. [Voir: «Erreur de Statistique Canada: les demandes d’assurance-emploi suspendues»]

« Cette situation est non seulement inquiétante », a soutenu Line Sirois, d’Action-Chômage de la Haute-Côte-Nord et Présidente du CNC, « elle met du monde dans un véritable pétrin. Déjà les délais administratifs à l’assurance-emploi n’en finissent plus, là on en rajoute ».

Rappelons que le rapport mensuel de Statistique Canada établit les taux régionaux de chômage, taux qui déterminent le temps de travail nécessaire pour se qualifier à l’assurance-emploi, et cela dans chaque région du Canada, et à chaque mois. Selon le porte-parole du CNC, Pierre Céré, « l’assurance-emploi est devenue une véritable maison de fous, avec des critères différents d’une région à une autre, qui changent à chaque mois, créant ce genre de situations absurdes et aux conséquences graves. »

Selon les données officielles, moins de 40% des chômeurs arrivent à se qualifier aux prestations d’assurance-emploi. Les deux porte-parole du CNC réitèrent la revendication d’établir un critère unique d’admissibilité à 350 heures. SelonLine Sirois, « cela permettrait de mieux protéger les travailleurs et les travailleuses, tout en évitant ce genre de situation ».

Le CNC pose la question suivante : ces erreurs inédites à Statistiques Canada auraient-elles quelque chose à voir avec les coupures de personnel imposées par le gouvernement Harper ?

 

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Le Conseil national des chômeurs et chômeuses est un regroupement dorganismes régionaux qui viennent en aide aux personnes en chômage. Le CNC a été fondé en 2005.

 

Source :

Pierre Céré
Conseil national des chômeurs et chômeuses
514 606-4074

Line Sirois
Conseil national des chômeurs et chômeuses
418 989-4339

FIN DE CAMPAGNE: Des ramparts de solidarité pour Sylvie Therrien

Actualités politiques

22 janvier 2014

La campagne de soutien à Sylvie Therrien, organisée par le Conseil national des chômeurs et chômeuses (CNC) se termine avec un résultat qui dépasse tous les objectifs que nous nous étions fixés. Plus de 800 donateurs ont contribué pour atteindre 46 456 $. Nous sommes impressionnés.

La présidente d’honneur de la campagne, Madame Suzanne Tremblay, appelait à la générosité du peuple et c’est le peuple qui a répondu, et de façon magistrale. Des centaines et des centaines de personnes, ainsi que de nombreux syndicats, organismes communautaires et communautés religieuses, ont fait parvenir leur contribution, sous forme de chèque ou par don en ligne. Des dizaines et des dizaines de lettres de solidarité, de mots d’encouragement, de la part de citoyens qui exprimaient les mots du cœur et ceux de l’espoir, sont parvenus à Sylvie Therrien.

Nous avons été impressionnés.

Dans l’une de ces lettres, quelqu’un disait que nous vivons des temps d’indifférence et du chacun-pour-soi.

C’est pourquoi le geste de Sylvie Therrien est devenu aussi remarquable, emprunt d’un courage hors du commun. Enquêtrice à l’assurance-emploi, elle a brisé l’omerta qui règne dans les bureaux de chômage, elle a transmis des informations aux médias (quotidien Le Devoir) référant au système des quotas et autres enquêtes sélectives. Identifiée suites aux enquêtes internes, suspendue de son poste sans solde et ensuite congédiée au mois d’octobre, elle n’a pas eu froid aux yeux : elle a poursuivi publiquement sa dénonciation.

Certains ont tenté de l’isoler, de la bâillonner.

Cette campagne a été livrée avec un seul souci, celui d’exprimer clairement, et sans ambigüité, notre solidarité avec elle. Une solidarité concrète, effective, avec cette idée claire en tête : on ne laisse jamais tomber notre monde. Jamais.

Nous voulions que notre solidarité soit le prolongement de son courage, que les travailleurs et les chômeurs soient sa caisse d’assurance-chômage. Ce sont de véritables remparts de solidarité qui se sont levés. Nous pouvons êtres fiers de ce que nous sommes comme société.

Encore une fois, nous remercions tout le monde, tous ceux et celles qui ont rendu possible cette campagne de solidarité. Et pour reprendre, d’une certaine façon, les mots de remerciement de Sylvie, nous pourrions dire : « non, tu n’es pas seule, nous sommes des milliers, et nous avons confiance que la justice triomphera. »

 

 

Comité de coordination du Conseil national des chômeurs et chômeuses (CNC)
Montréal, 22 janvier 2014

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