Avec les Indignés

Actualités politiques

1 novembre 2011

par Ian Forand
Représentant en défense de droit au Comité Chômage de Montréal

 

Inscrit dans la foulée d’Occupy Wall Street, Occupons Montréal est un exemple de civisme recueillant un capital de sympathie très large. Même à la Ville de Montréal, pour l’instant, il n’est pas question de les déloger. Le phénomène devrait donc s’amplifier.

Il faut donner du crédit à ce mouvement civique, l’indignation est en partie un remède et pas seulement un succédané, pour prévenir le fatalisme et la démobilisation, car pour se mobiliser, il faut s’indigner. Après tout, si tout allait bien, pourquoi changer de trajectoire? Or, tout ne va pas bien en ce bas monde. Comme l’a fait remarquer le Conference Board du Canada, le gouffre qui sépare les plus riches du reste de la population ne cesse de se creuser et ce, plus rapidement ici qu’au sud de la frontière. Cette inexorable pente doit être prise très au sérieux.

Les élites politiques et économiques canadiennes et québécoises ont la responsabilité de faire en sorte que l’écart entre riches et pauvres s’amenuise au lieu de s’amplifier. Maintenir la trajectoire actuelle serait irresponsable et aurait, à terme, des conséquences funestes pouvant affecter grandement la relative paix sociale si cher à ces mêmes élites.

De notre côté, nous croyons qu’il existe des pistes de solutions concrètes dont pourraient s’inspirer les élus. Il va de soi qu’après l’indignation, il faut des solutions! Selon nous, il y a des moyens très simples et efficaces pour aller en ce sens.

L’économiste Pierre Fortin affirmait récemment que le resserrement des règles de l’assurance-emploi durant la dernière moitié des années 1990 était le principal responsable de cette situation. Il est donc temps que l’amélioration du régime d’assurance-emploi soit à l’ordre du jour pour ralentir, voir endiguer cet appauvrissement tous azimuts du plus grand nombre et cet enrichissement indu d’une minorité de magiciens des finances. L’économie réelle devrait, de toute évidence, prévaloir sur l’économie virtuelle, soumise aux aléas boursiers et à la spéculation. Après tout, s’assurer que chacun ait un revenu de remplacement lorsqu’il perd son emploi pourrait amenuiser les effets pervers du modèle économique actuel et remplir au moins partiellement le gouffre qui sépare les 99% des fameux 1%.

 

Dialogues dans l’ombre 7 : Des fleurs dans le fumier

Actualités politiques

1 novembre 2011

par Patrice Viau
Membre du conseil d’administration du Comité Chômage de Montréal

 

Pat et Vic visitent l’exposition du World Press Photo et d’Anthropographia au Marché Bonsecours. Les clichés des photojournalistes défilent l’un après l’autre, témoignant d’un monde de plus en plus en proie aux tragédies, aux meurtres, aux catastrophes, à la bêtise, et enclin au désespoir. Et pourtant…

PAT : Hmm… Hé hé hé! Regarde cette photo, elle est vraiment bien!

VIC : Celle du sans-abri qui caresse les seins de sa genre de blonde?

PAT : Oui! C’est simple, mais c’est tellement ça…

VIC : La vie et la dignité malgré tout.

PAT : Exact ! Tu sais, y’a un cinéaste iranien, Abbas Kiarostami, qui disait à peu près ça : « Le grand défi de ce siècle, c’est le combat entre l’éternel et le temporel. Mais encore une fois, le choix est évident : il nous faut choisir la vie. »

VIC : Comme quoi, au-delà des idéologies, des games de pouvoir, des façades, des bons sentiments, la vie fait son chemin envers et contre tout.

PAT : Ouais. Faut essayer de se rappeler ça dans le contexte actuel, icitte! Avec les Tories qui arrêtent pas d’en remettre avec leur putain de sottises d’histoire de drapeau, de morale cucul, d’ordre et de lois anti-sociales, de connivences avec des pouvoirs obscurs, et d’esprit anti-scientifique!… À un moment donné, j’imagine que les Québécois vont redevenir un fleuve en pleine débâcle, engorgé d’un flux de vie que rien n’arrêtera. Suffit d’être créatif bonyenne!

VIC : C’est triste de voir qu’on ait supprimé certains idéaux collectifs au profit d’un salut individuel. Mais en même temps, quand la collectivité devient plate, que veux-tu faire pour te libérer?

PAT : J’imagine que plus on va être de monde à patauger dans la même marde, plus on va vouloir s’en sortir ensemble. La misère aime la compagnie! Tsé, après les années Duplessis, les Canadiens-Français en pouvaient juste plus d’étouffer de la sorte, ensemble. Pis pow! Pendant 20 ans, on a progressé comme c’est pas possible, on a innové, on a créé… Avant de pogner un méchant down! Mais peut-être que quelque chose s’en vient.

VIC : Qui sait! Peut-être qu’on arrive à une conjoncture favorable à la reprise en main de notre destin.

PAT : Prend l’exemple de l’Assurance-chômage, on est justement en train de jongler avec ces questions-là au CCM pis au CNC… On est pogné, après tant d’années de revendications au fédéral, sur la case départ. Force est d’admettre que le dossier Chômage, c’est du gâchis sur toute la ligne! Mettons qu’avec les Conservateurs majoritaires, y se passera rien à ce niveau pour les 4, voir les 8 prochaines années. Si on veut mieux protéger les travailleurs québécois, et ne pas les rendre encore plus dépendant d’un système de plus en plus dur, il faudra récupérer le chômage au provincial.

VIC : En plus, c’est pas seulement les travailleurs que ça inquiète. Même les employeurs, les maires, les religieux, les économistes et les actuaires du Québec ne comprennent pas ce qui se passe. En fait, c’est scandaleux et ça frôle le vol!

PAT : On ne le répètera jamais assez. Et maintenant, il s’agit de prendre les moyens de nos ambitions. Retrouver un brin de liberté et affermir notre volonté politique pour pouvoir refuser les faux-maîtres.

VIC : Amen! Et que vive la vie!

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