«Au travail, chômeurs !» de Jean-Robert Sansfaçon du Devoir

Actualités politiques

15 mai 2012

C’est au tour de l’éditorialiste Jean-Robert Sansfaçon dans le Devoir, «Loi du budget – Au travail, chômeurs!», de dénoncer les modifications annoncées à l’assurance-emploi par les conservateurs et l’impact que cela aura sur nos conditions générales de travail.

«On n’a pas fini de parler du nouveau Canada que les conservateurs sont en train de nous forger bien malgré nous. […]»

«Selon ce qu’on en comprend à travers le peu d’explications fournies, les chômeurs devront désormais accepter n’importe quel emploi dans leur région même s’il ne correspond pas à leur champ d’expertise et que le salaire est moindre que ce qu’ils gagnaient auparavant.»

L’éditorialiste tente revoir certains préjugés trop souvent véhiculés sur les demandeurs d’assurance-emploi :

«Certains diront qu’il était temps qu’on force les chômeurs à accepter un emploi. Affirmer cela relève d’une vision simpliste du marché du travail. Il y a des abus, certes, mais en règle générale, les chômeurs qui refusent un emploi ont de bonnes raisons d’agir ainsi : que ce soit dans l’attente d’un rappel au travail, d’une ouverture dans son champ professionnel ou, plus simplement, de peur de dévaluer l’expertise accumulée en acceptant n’importe quelle offre.

«On dira que ceux qui sont surtout visés sont les travailleurs saisonniers qui reçoivent des prestations de façon récurrente. Là encore, les choses ne sont pas simples puisque les employeurs saisonniers ont aussi besoin de main-d’œuvre expérimentée disponible au bon moment. Ce n’est pas évident de former du personnel chaque année dans l’industrie touristique, celle de la pêche ou de la forêt.

«[…]

«Les conservateurs s’imaginent qu’ils aideront les PME à trouver plus facilement du personnel pour des tâches peu complexes, comme les travaux des champs. Un autre cliché puisque les agriculteurs ont aussi besoin d’une main-d’oeuvre stable et motivée, ce qu’ils trouvent plus facilement chez les travailleurs étrangers.

«Ce qui nous amène à l’autre réforme, celle qui touche précisément cette catégorie de main-d’oeuvre. Désormais, les entreprises pourront payer les ouvriers étrangers 15 % moins cher que leurs homologues canadiens. Ottawa introduit donc un élément de discrimination qui vise à réduire les coûts pour les entreprises, mais qui fera aussi pression sur les salaires des Canadiens. Et cette fois, on ne parle pas surtout de l’agriculture, mais de la construction, du pétrole et des mines. Le Plan Nord n’est pas loin !

«Toutes ces mesures s’inscrivent dans un même modèle de développement économique et social qui n’a jamais fait l’objet d’un débat public, surtout pas en campagne électorale. Malheureusement, ce gouvernement n’a que faire de la démocratie dans la mission évangélique qu’il s’est donnée de transformer ce pays en paradis pour le capital. (c’est nous qui soulignons.)»

Travailler à tout prix, d’Hélène Buzzetti du Devoir

Actualités politiques

7 mai 2012

Vendredi dernier, dans son article « Projet de loi C-38 – Le bâillon pour la loi budgétaire » dans le Devoir, la journaliste Hélène Buzzetti termine sa démonstration avec les importantes modifications à l’assurance-emploi que les conservateurs dissimulent dans ce projet de loi fourre-tout. Elle en discute avec Piere Céré, le porte-parole du CNC.

«Des surprises, il y en a pourtant, estime Pierre Céré, du Conseil national des chômeurs. C-38 modifie la Loi sur l’assurance-emploi, laissant présager des pénalités pour tout chômeur se montrant pointilleux. À l’heure actuelle, en vertu du concept d’« emploi convenable », un chômeur peut refuser un emploi sans voir sa prestation réduite si l’emploi en question offre des conditions inférieures à ce qui est « admis par les bons employeurs » dans ce domaine. Il bénéficie aussi d’un « délai raisonnable » pour chercher un emploi seulement dans son domaine d’expertise et refuser les autres. Ces dispositions sont éliminées.

«« S’il y a une fermeture temporaire chez Bombardier, l’assurance-emploi pourrait donc leur dire : ‟ va ramasser des framboises ”. Le travailleur ne pourrait pas refuser parce qu’un ‟ emploi convenable ” va devenir n’importe quoi, prédit M. Céré Les gens et les partis d’opposition ne mesurent pas encore la portée de ces changements. »

Le jour même, nous voulions ajouter ce commentaire. Trop long, il ne figure pas entièrement sur le site du Devoir. Nous le reproduisons ici même :

Les conservateurs sont vraiment à l’œuvre!

Depuis plus d’une vingtaine d’années, tous les gouvernements à Ottawa ont failli dans leurs responsabilités envers les travailleurs qui perdent leur emploi via l’assurance-chômage, devenue assurance-emploi (voir notre article « Le régime fédéral a failli »). Pensons, par exemple, au fait que moins d’un chômeur sur deux a accès aux prestations d’assurance-emploi. Rappelons-nous les quelque 60 milliards de surplus de la caisse (résultat des compressions imposées au régime) détournés par les libéraux et les conservateurs.

Tous les gouvernements fédéraux depuis le début des années 90 ont coupé, voire sabré, dans le régime de l’assurance-emploi. Mais ce Parti conservateur, actuellement au pouvoir, avec son idéologie dévastatrice va encore plus loin. On ne pouvait imaginer des coupes aussi importantes, dictées par un dogme insidieux. Parce que la réduction de l’État – leitmotiv des conservateurs – ne se répercute pas uniquement sur des pertes d’emploi dans la fonction publique. Les normes de protection y passent aussi. On peut facilement imaginer l’impact de l’importante réduction du nombre de fonctionnaires à la surveillance et aux contrôle de la qualité des aliments – rappelons-nous le gouvernement Harris en Ontario et le drame de l’eau potable dans les années 90.

Hélène Buzzetti, dans son article aujourd’hui, mentionne le travail à tout prix, qui favorisera le retour au « cheap labor » qui fragilisera nos conditions de travail en créant des pressions à la baisse, au grand plaisir des employeurs.

Ajoutons à cela le nouveau calcul du taux de prestations que vient de nous annoncer plus tôt cette semaine la ministre des Ressources humaines Diane Finley (voir « Le cheval de Troie de la ministre Finley »). Ici, on vise directement les régions à hauts taux de chômage et où le travail saisonnier est endémique, soit six régions sur douze au Québec ! Il est aussi prévu qu’ils abolissent les conseils arbitraux pour les remplacer par un « guichet unique » dont nous appréhendons le pire.

Voici un trop bref aperçu de ce que nous cachent les conservateurs en matière d’assurance-emploi et cette loi fourre-tout qui sera adoptée sous le bâillon et qui affectera les travailleurs sans emploi et, plus généralement, nos conditions de travail en général.

«Le cheval de Troie», dans le Journal de Montréal et de Québec

Actualités politiques

7 mai 2012

Pierre Céré, porte-parole du CNC

Notre article «Le cheval de Troie de la ministre Finley» publié plus tôt la semaine dernière sur notre propre site a été repris dans les sections opinion du Journal de Montréal et du Journal de Québec ce weekend:

«La ministre Finley a annoncé hier, le 30 avril 2012, des « améliorations prévues au programme d’assurance-emploi ». Ces améliorations ont trait au nouveau calcul du taux de prestations qui entrera en vigueur à compter du 7 avril 2013, l’année prochaine. Du même souffle, mais sans expliquer ses conséquences, elle signalait brièvement que le projet pilote qui favorisait les régions avec des taux élevés de chômage, soit le projet pilote sur les 14 meilleures semaines, ne serait pas prolongé au-delà du 6 avril 2013. Ce projet pilote vise six régions sur douze au Québec.»

Pour lire l’article au complet:

Sur notre site: Le cheval de Troie de la ministre Finley.

Dans le Journal de Montréal

Dans le Journal de Québec

Pour l’argumentaire du «Rapatriement au Québec de l’assurance-emploi» en format pdf

 

 

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