Les chômeurs de la Côte-Nord réclament l’élimination immédiate du «trou noir»

19 décembre 2017

Le 24 novembre dernier, le Comité Action-Chômage Côte-Nord a organisé une manifestation dans les rues de Forestville sur la Haute-Côte-Nord au Québec pour réclamer du gouvernement fédéral qu’il cesse de tergiverser avec ses soi-disant consultations et adopte immédiatement des mesures qui vont enrayer l’appauvrissement accru de la population de la Côte-Nord, en particulier de ses chômeurs. La manifestation, organisée conjointement par le Comité Action-Chômage de la région, le Conseil national des chômeurs et chômeuses (CNC) et le Conseil central CSN Côte-Nord (CCCN-CSN), a été précédée d’un point de presse au cours de laquelle a été présentée la principale demande immédiate des gens de la région, soit un seuil de 420 heures de travail pour se qualifier pour 30 semaines de prestations d’assurance-emploi. La manifestation a été marquée par la présence de gens venus de plusieurs coins de la Côte-Nord, de même que de députés, de maires et de préfets.

equipe

La manifestation a pris un tour particulièrement urgent lorsque les statistiques fédérales officielles ont montré que le taux de chômage dans la région économique de l’assurance-emploi du Bas-Saint-Laurent–Côte-Nord était tombé à 6,9 % en novembre, comparativement à 8,9 % en mai. La conséquence de cela, c’est que le seuil de qualification à l’assurance-emploi est passé dans cette région de l’AE de 595 heures travaillées pour 18 semaines de prestations, ce qui est déjà invivable, à 665 heures travaillées pour 15 semaines. Cela veut dire qu’un plus grand nombre de travailleurs vont simplement être exclus de l’assurance-emploi. La période qu’on appelle le « trou noir », cette période où le chômeur est sans revenu, ayant épuisé ses prestations d’assurance-emploi et n’ayant pas repris son travail saisonnier, va devenir encore plus longue. Cela veut dire un appauvrissement accru, plus d’endettement, plus de stress et plus d’exode de la région.

Les manifestants en avaient long à dire sur l’absurdité de cette statistique comme quoi le chômage aurait baissé sur la Côte-Nord, et particulièrement sur la Haute Côte-Nord qui vit essentiellement du travail saisonnier et qui vit un exode prononcé. Novembre fait partie de la saison morte du travail saisonnier, comment le chômage peut-il avoir baissé ? En plus, l’exode de la population devient lui-même un facteur de baisse artificielle du taux de chômage, puisque la population qui est considérée comme se cherchant activement un emploi baisse, alors que « chercher activement un emploi » est un critère pour être considéré comme chômeur. Cette catégorisation arbitraire de régions économiques de l’assurance-emploi, avec un mixage de régions qui sont très différentes du point de vue des industries et avec des moyennes arbitraires qui n’ont rien à voir avec la situation réelle des chômeurs et de l’économie régionale, montre à quel point le régime de l’assurance-emploi est irrationnel. Avec cette statistique arbitraire, les conditions d’existence des chômeurs et de leurs communautés sont frappées de plein fouet et reculent encore, d’un simple trait de plume. La demande de 420 heures de travail pour 30 semaines de prestations vise à réduire cet arbitraire, à affirmer la réalité des conditions de vie et à lutter contre leur détérioration continuelle.

manif

Forum ouvrier s’est entretenu récemment avec Line Sirois, la coordonnatrice d’Action Chômage Côte-Nord, suite à la manifestation du 24 novembre, sur ces actions. Elle a d’abord mentionné comment elle était fière que des gens soient venus de partout et que les députés, les préfets et les maires soient de la partie. Elle a ajouté: « Nous voulons que les gens se qualifient à l’assurance-emploi après 420 heures de travail pour 30 semaines, et que cette mesure s’applique de façon rétroactive à partir du mois de juillet dernier. Nous sommes en train de bâtir une coalition de toutes les régions de l’est du Québec pour revendiquer la même chose. Cela ajouterait tout de suite des semaines de prestations d’assurance-emploi et éviterait le trou noir après les Fêtes. Le ministre n’a pas besoin de consulter et on ne veut pas que la consultation donne lieu à un bonbon qu’on va nous donner avant la prochaine élection. C’est facile de régler ce problème immédiat. Le gouvernement a fait plus de 2 milliards $ de surplus dans la caisse de l’assurance-emploi ces deux dernières années. Cet argent-là appartient aux chômeurs. Il ne doit pas être détourné dans les revenus généraux du gouvernement comme c’est le cas actuellement. »

 

Afin de consulter l’article d’origine, cliquez ici.

Poser une question

Valider