Mouvement Action-Chômage de Charlevoix a 40 ans!

20 juin 2017

Historique

Lorsqu’on regarde en arrière on peut y voir de nombreuses batailles portées tantôt par le Mouvement Action-Chômage, tantôt par les Sans-Chemise.

L’existence du MACC est directement liée à l’histoire de l’assurance-emploi.

C’est en 1971 sous un gouvernement libéral, qu’une refonte majeure instituait l’universalité du programme. Fin des années 80 une longue série de compressions vont s’abattre sur ce programme et pendant les vingt-cinq années qui vont suivre, tous les gouvernements qui se succèderont (de Mulroney jusqu’à Harper), en diminueront systématiquement la portée. En 2000 un redécoupage des régions administratives déplace Charlevoix alors jumelé avec la Gaspésie-Ile-De-La-Madeleine pour se retrouver avec la Haute-Côte-Nord et le bas St-Laurent, devenant la région 19.

C’est à cette époque que le comité des Sans-Chemise voit le jour. Danie Harvey, coordonnatrice du comité porte le flambeau avec une équipe de bénévoles dévoués à la cause des chômeurs dont Mme Denise Généreux, présidente du MACC à cette époque, son conjoint Jean-Marc Maltais, Benoît Tessier, Nicole Dufour, Sylvain Tremblay pour n’en nommer que quelques-uns. Avec l’aide du député M. Gérard Asselin, qui nous a quitté et quelques membres de la Chambre de commerce de Charlevoix.

Par la suite, d’autres regroupements du même nom verront le jour en Gaspésie, en Estrie, en Abitibi et dans les villes de St-Hyacinthe, Sorel et Saguenay et finalement à Montréal, faisant de la quête d’un régime d’assurance-emploi universel, un objectif national.

De nombreuses manifestations se sont succédé dont la marche des Sans-Chemise en septembre 2002 qui a mobilisé 800 personnes, la marche vers Ottawa et les petits cochons. J’aurais pu vous citer les nombreuses autres actions posées à l’époque mais le constat est resté le même! Les seuls gains faits étaient de courte durée avec les projets pilotes.

Entre 2004 et 2005, deux vagues de projets pilotes ont été mises en place afin d’améliorer certaines conditions de l’assurance-emploi dans les régions. Entre autres l’augmentation de la période de prestation de 5 semaines supplémentaires.

Dans le cadre du budget fédéral de 2012, le nouveau gouvernement Harper annonçait une réforme majeure. La loi C-38 mettait fin à tous les projets pilotes dont celui qui accordait cinq semaines supplémentaires pour les régions avec un haut taux de chômage. C’est à ce moment que le TROU NOIR faisait son apparition chez les travailleurs saisonniers avec un manque à gagner pouvant aller de 4 à 12 semaines sans revenu selon les cas.

Permettez-moi de vous faire la lecture d’un article paru en juillet 2002 qui nous permettra d’apprécier la comparaison avec aujourd’hui.

« Juillet 2002, Le Mouvement-Action Chômage relance le comité des sans –chemise. Cette relance des activités se justifie par la situation de plus en plus préoccupante des travailleurs de Charlevoix. Actuellement les travailleurs reçoivent 32 semaines de prestations pour 420 heures de travail. Si les choses ne changent pas, en octobre prochain il faudra amasser 455 heures pour seulement 24 semaines de prestations d’assurance-emploi, explique Danie Harvey coordonnatrice du MACC. »

Où en sommes-nous maintenant? Est-ce que la situation s’est réellement détériorée!?

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Cet automne (juillet, août, septembre et octobre 2016) le taux de chômage a varié entre 8% et 9%, il fallait 595 heures pour se qualifier pour 18 semaines de prestations. Nous sommes passés de 32 semaines en 2002 à 18 semaines payables en 2017.

Présentement pour nos dirigeants, une baisse du taux de chômage est synonyme de bonne nouvelle pour notre économie. J’aimerais bien qu’il en soit ainsi, mais la réalité est tout autre…

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Voici 3 exemples des situations vécues dans Charlevoix et l’impact sur notre économie!

Entre mars et mai 2015, c’est 792 personnes qui se retrouvaient sans revenu suite à la fin de leurs prestations. Si on fait le calcul à 250$ par personne et par semaine (et c’est vraiment un minimum), cela représente plus de 1 500 000 $ en perte économique pour Charlevoix. Il n’y a pas que le travailleur saisonnier qui s’appauvrit, Charlevoix également!

Une baisse du taux de chômage devrait être une bonne nouvelle mais pas dans notre cas puisque la majorité des emplois offerts sont saisonniers, à temps partiel ou pire sur une liste de rappel!

Oui il y a beaucoup d’emplois « saisonnier » offerts! Que nous le voulions ou pas nous sommes une région avec une réalité saisonnière. L’an dernier plusieurs auberges ont manqué de personnel et dans certain cas ont été dans l’obligation de faire travailler leurs employés bien au-delà des heures légales et les travailleurs acceptent! Le travail saisonnier est devenu un emploi pour les pauvres gens qui n’ont pas d’autres choix. En plus de vivre du salaire minimum voici que la baisse du taux de chômage les appauvrit davantage en diminuant le nombre de semaines de prestations auxquelles ils auraient eu droit si celui-ci était plus élevé. Pour cette partie de la population, un taux de chômage bas est synonyme de manque d’argent.

En 2015, un vent de changement s’annonce sous le gouvernement Trudeau et nous redonne l’espoir de faire disparaître le Trou Noir. Suite au dépôt du budget en mars 2016, il y aura de réels changements qui mettront fin aux 910 heures pour les nouveaux arrivants, diminuera les deux semaines de carences à une seule et fera disparaître la réforme Harper de 2012 avec ses trois catégorie de chômeurs et leurs obligations distinctes. Mentionnons également l’augmentation des prestations de compassion et la création des nouvelles prestations pour les proches aidants annoncées au dernier budget le 22 mars 2017.

Nous sommes très fiers de ces avancées. Mais cela n’a pas réglé le problème du manque de prestations des travailleurs saisonniers.

Une campagne de cartes postales s’est mise en branle au printemps 2016 avec nos partenaires de la coalition des Sans Chemise. 800 cartes postales ont été signées dans Charlevoix, pour culminer avec la remise de 20 000 cartes postales au Ministre Jean-Yves Duclos à Ottawa le 13 décembre 2016. Nous attendions une annonce au budget de mars 2017 mais, dans une entrevue accordée à Radio-Canada le 24 février, le Ministre préparait déjà le terrain du fait qu’il n’y aurait rien pour les travailleurs saisonniers. Il promettait par contre que la question serait étudiée après le budget.

Aujourd’hui, notre objectif est de vous aider à saisir la réalité du travailleur saisonnier et vous montrer le piège qui se referme sur nous avec un taux de chômage qui ne cesse de descendre. Nous avons une région avec une économie saisonnière qui ne peut plus faire vivre ses travailleurs et ceux qui ont le choix, saisiront l’occasion de quitter. Depuis 5 and, c’est 1000 personnes qui ont quitté.

Le Conseil National des chômeurs et chômeuses mettra en place une table de concertation cet automne pour tenter de trouver une solution définitive au problème du trou noir. Nous invitons les décideurs d’ici et d’ailleurs à se joindre à nous pour réfléchir aux solutions.

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On peut constater une diminution du nombre de chômeurs dans Charlevoix mais la courbe reste la même!

 

 

 

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